Dans les oreilles de Tico

Aldous Harding « Train on the Island » 12.05.2026

 

un cinquième long-format magnifique  sur le label britannique 4AD

 

Dès son premier album éponyme en 2014, tout est en place. Aldous Harding joue des chansons de folk indé acoustique, pop et psyché, comme beaucoup d’autres plus ou moins célèbres l’ont fait avant elles, de Vashti Bunyan à Kate Bush en passant par Mary Timony, PJ Harvey ou Joanna Newsom (pour rester sur des références féminines). Dans ses chansons, le tempo est relax, le son clair, les notes peu nombreuses mais bien choisies, les paroles aussi intrigantes qu’intelligentes, la fantaisie et l’imagination au rendez-vous…

Ses cinq albums se ressemblent beaucoup et ils échappent pourtant au glas de la monotonie et de l’habitude. Le secret d’Aldous Harding, c’est que quand elle chante, elles sont plusieurs. Elle-même s’est un jour décrite comme le Jim Carrey de la musique indé. Pas pour la rigolade, mais pour cette capacité à changer de voix au cours d’un album et souvent d’une chanson. Comme une musicienne surdouée qui changerait d’instrument en cours de solo, Aldous Harding adore faire des voix, dialoguer avec elle-même, incarner différentes humeurs et points de vue par son chant. Cette duplicité vocale est devenue son style, plutôt unique. Un jeu de masques qu’on retrouve visuellement sur les pochettes de ses deux derniers albums, les quasi-jumeaux Warm Chris en 2022 et Train on the Island ces jours-ci. Deux albums aussi familiers qu’insaisissables, où Aldous Harding évolue dans son petit monde aux frontières infinies, comme une fée solitaire qui ne s’ennuie jamais.

lu sur Qobuz